Joystick : le blog officiel

J'ai vraiment trop de temps libre

Posté le 27/08/2009 à 15:47 dans la rubrique Hypoallergénique

Haaaaa qu’il est doux de vous retrouver après mes vacances de milliardaire ! Pour fêter cela, voila quelques mots sur l’expérience amusante réalisée par mes soins un peu avant de quitter la capitale.

Tout a commencé par une interview. Je voulais l'avis de Pierre Cuilleret, l’affable président de Micromania, sur la pertinence de PEGI, et sur la façon dont les professionnels de la distribution l'appliquaient. Certes je ne m'attendais pas à un grand moment de bravoure de la part de cet homme, mais de là à imaginer que l'entrevue tournerait en surréaliste séance d'auto congratulation publicitaire, il y avait un gouffre que le bonhomme a franchi avec l'empressement d'une adolescente face à un roman de Stephenie Meyer.

 

Les magasins de la chaîne  m’étaient décrits comme des paradis idylliques, où la veuve, et surtout son orphelin, étaient protégés, aimés et guidés sur les chemins noueux et vidéo ludiques par des vendeurs consciencieux de leurs devoirs. « Pas question de vendre un jeu pour adultes à un Enfants (...) nous préférons perdre une vente que de prendre ce genre de risque, en fait nos critères sont même plus restrictifs que ceux de PEGI ». M Cuilleret m’affirmait en outre que chacune de ses caisses se bloquaient et posaient au vendeur la question « l’acheteur a-t-il l’âge requis » à chaque fois que la code barre d’un jeu 18+ y était passé.

 

 

Pour avoir moi même œuvré dans la vente de Jeux Vidéo, j'étais peu convaincu par l'argumentation, et pour tout dire franchement agacé que l'on m'ait confondu avec un chargé de communication (je n'ai rien contre cette engeance bien sûr, simplement chacun son boulot). De l’époque où j’écumais les points de ventes pour le compte de Microsoft, j’ai bien retenu la chose suivante : le respect des normes PEGI est incompatible avec les objectifs de ventes que l’on me fixait.

 

 

Il vint alors à mon esprit malade de vérifier les dires de mon intervenant en mettant les magasins à l’épreuve d’un jeune cobaye. N’ayant pas moi-même de chiard, ce fut Benjamin, la progéniture millésimée 1996 de Mélusine, notre bien aimée maquettiste, qui a fait la tournée des magasins du centre de Paris pour vérifier si l’on déniait bel et bien à ce frêle enfant fragile le droit à ces horribles jeux interdits aux moins de 18 ans.

 

 

Maille agent eundeurcoveur

Première tentative avec le Micromania de la fontaine des Innocents, Benjamin tente d’acheter Prototype (ha bon ? c’est 18+ ça ?). Pas de sirène qui retentit, ni de descente de police devant le forum, le vendeur accepte la transaction. Deuxième tentative dans la boutique à l’intérieur des Halles. J’entre avec mon cochon d’Inde, et constate que lorsqu’il se présente avec Killzone 2, le vendeur se contente de lui recommander de se rabattre sur une version d’occasion. Ici aussi, la protection du jeune public ne semble pas une priorité.

 

Fort de ces deux expériences, nous décidons de varier l’angle d’attaque. Cette fois-ci, c’est Mélusine qui entre pour jouer le rôle de la maman Naïve à la recherche d’un jeu à acheter pour son rejeton. Première cible : le magasin Game de Rambuteau (on ne va pas toujours taper sur les mêmes). La vendeuse lui déconseille fortement d’acheter GTA IV pour un gamin de 13 ans, car il s’agit du « pire jeu qui existe sur le marché en ce moment, ultra violent, on y parle de drogue, de viols, d’accident de la route. » Elle précise que si les parents souhaitent prendre ce genre de jeu pour leurs enfants, c’est de leur responsabilité (on ne saurait lui donner tord) mais qu’elle le déconseillait vivement ». Retentant l’expérience avec le Micromania situé rue de Rennes (près de Montparnasse pour les bouseux qui connaissent pas), nous obtînmes le même résultat.

 

 

Comme midi approchait, Mélusine et Benjamin prirent congé, me laissant seul avec ma perplexité. Les réponses des vendeurs avaient été totalement différentes selon qu’il s’agissant d’un client clairement mineur ou d’un de ses parents, coïncidence ? Je ne pouvais résoudre l’énigme qu’en réalisant une expérience complémentaire : envoyer un parent dans les deux premiers magasins, et un enfant dans les deux suivants. Faute de temps je n’ai pu faire que la première partie, et c’est ma tendre moitié (n’insistez pas, il n’y aura pas de photo) qui s’y est collée.

 

 

Si le vendeur du Magasin de la fontaine des Innocents s’est montré catégorique : « c’est un jeu que l’on ne vent pas au mineurs en principe » celui des Halles s’est montré un plus coulant, estimant qu’il « le déconseillerait vraiment en dessous de 16 ans » (étrangement, je suis assez d’accord avec lui. )

La phase expérimentale faite, il ne restait plus qu’à passer outre la discussion  pour sauter aux conclusions.

 

Première conclusion : je n’ai vraiment pas grand-chose à faire de mes samedis, un constat qui me remplit d’amertume.

 

Deuxième conclusion : Les interviews corporate sont truffées de mensonges, ma dernière étincelle de naïveté en la matière est désormais éteinte, l’amertume n’en est que plus grande.

 

Troisième conclusion : On ne va pas dresser ici des généralités à tire larigot, mais il est évident que les chaines de vente de jeu vidéo, qui font selon moi partie intégrante de l’industrie, manient allégrement la double langue. Les enfants d’aujourd’hui sont de plus en plus maîtres de leurs achats, s’ils veulent s’orienter vers un jeu qui n’est pas de leur âge, pourquoi les en dissuader ? Non vraiment, à Micromania, la discrimination envers les jeunes, on ne connaît pas.

Et sinon vos vacances à vous c'était bien ?

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Happy Face à nos FORUMS !

Posté le 14/08/2009 à 15:26 dans la rubrique Tiz


Un petit message en cette toute fin de bouclage (on sera plus présent la semaine prochaine !) pour vous signaler l'ouverture d'un forum tout beau qui sent bon le sable chaud !

Ca se passe ici : http://www.jvn.com/communaute/forums.html.

NB : Les forums sont actuellement en version bêta, et seront donc sujets à de moult améliorations !

A tout de suite là bas !

 

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Mario izeu ROXOR

Posté le 07/08/2009 à 14:03 dans la rubrique Sundae Caramel



Vous l'avez constaté, le blog est assez calme ces jours-ci. La faute aux vacances conjuguées de Kracoukas et Savonfou, plus Lucky qui est en reportage pour le prochain jeu de la couv' !

Je voulais quand même vous faire profiter d'un papier que j'ai lu ce matin sur Le Monde. Le topic, c'est deux enseignements qui organisent un concours d'intelligences artificielles. Là où cela devient interessant, c'est que c'est une partie de Mario (Bros, pas notre pizzaiolo à nous) qui est pris comme support pour l'expérience.

Je vous laisse lire le papier, c'est ici (pour les gros flemmards ou ceux qui ne savent pas lire, y a une vidéo à la fin).

PS : l'illustration ci-contre n'a strictement aucun rapport avec le reste.

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J'ai la rage !

Posté le 24/07/2009 à 14:15 dans la rubrique Tiz



Hello tout le monde,

Voici le visuel de couv' et un bref sommaire du prochain numéro, dispo dans toutes les bonnes crémeries incessamment sous peu. Au programme cette fois :

-8 pages sur le RAGE de Id Software, la future tuerie de la mort qui tue de la chemise de Savonfou.  Reportage de Lucky en direct de Dallas avec son chapeau de cow-boy.

- De la News jeu et de la Beta en pagaille : SupCom 2, Splinter Cell, FIFA, Borderlands, Risen, Dragon Age, Batman, NFS SHIFT…

- Un dossier estampillé Savonfou : Enfance, addiction et jeux vidéo qui prouve qu’en de très rares occasions on peut être sérieux (sans être chiant).

- Du réseau : Try Again Age of Conan, Au Secours Arma 2, le point sur Battlefield Heroes, beta fermée Might & Magic Kingdoms…

- Et toutes les autres choses habituelles bien entendu (news, matos, quoi de neuf, tests…)

- Jeu complet pour les gros gamers velus et solitaires : X3 Reunion 2.0

Bonne lecture.


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That's the way he tease...

Posté le 20/07/2009 à 22:44 dans la rubrique Tiz

Mes billets dans ce blog sont souvent synonymes de longs textes plutôt riches (enfin j'essaye en tout cas). C'est particulièrement vrai ce soir, où je vous propose l'intégralité de l'interview du Professeur Marc Valleur dont vous trouverez des extraits dans le dossier « Enfance et jeu vidéo » à paraître dans le prochain numéro de Joystick. Psychologue responsable de la consultation des « addictions sans drogue » à l'Hôpital Marmottan à Paris, Marc Valleur est une référence en ce qui concerne l'addiction aux jeux vidéo. La longue entrevue que nous avons eu fut passionnante du début à la fin, aussi je me suis dis qu'il serait dommage de ne pas vous en faire profiter.

Par Savonfou

Parlez-nous de votre travail auprès des « Accrocs du jeu vidéo ». Comment cela a commencé ?

 

Pour être franc, à l’origine je ne croyais pas à la dépendance aux jeux vidéo, pas plus qu’à la cyber addiction d’ailleurs. Je voyais surtout à travers le battage médiatique autour de ce phénomène, les visées mercantiles de certains marchands de soins. Nous avions ouvert une consultation sur les addictions sans drogue autour du problème des jeux d’argent, et c’est un peu sur un malentendu que nous avons élargi notre action aux jeux vidéo. Nous avons en effet été surpris par le nombre incroyable de demandes qui nous sont arrivées.

 

Qu'est ce que la dépendance ?

 

Il y a un grand nombre de grilles de lecture de la dépendance, mais l'on s'accorde sur la définition suivante : un adulte est considéré comme dépendant à quelque chose, quand il désire en arrêter la consommation, et qu'il n'y parvient pas tout seul. Cela est aussi bien valable pour le tabac et l'alcool, que le jeu d'argent ou l'héroïne.

 

Est-ce un schéma que vous trouvez chez les joueurs qui viennent vous voir ?

 

Il apparaît extrêmement rarement, il ne faut bien sûr pas négliger les quelques vrais cas que nous traitons chaque années, mais on est loin d'avoir affaire à un phénomène majeur.

 

Lors des assises du jeu vidéo, vous avez parlé de 300 cas de véritables addictions aux jeu vidéo par an, d'où viennent ces chiffres ?

 

Nous avons fait une réunion au début de l'année avec l'ensemble des structures d'accueil traitant des addictions sans drogue, et en mettant nos statistiques en commun, on est arrivé à ce bilan de 300 véritables patients déclarés sur l'année 2008. On est donc en face d'une problématique émergente, dont la réalité clinique est encore très faible, eut égard au nombre de pratiquants en France.

 

Les joueurs viennent-ils vous voir d’eux même ?

 

Ce sont surtout les parents ou les conjoints qui nous contactent. Dans l’immense majorité des cas, il a d'ailleurs suffit de les rassurer, de leur dire que la pratique des jeux que n'est pas un problème en soit. Il y avait aussi dans le tas de gros problèmes psychologiques, des cas de schizophrénies notamment, où la pratique intensive du jeu vidéo était un symptôme pris comme un prétexte pour consulter. Malgré tout, on a eu l’impression qu’il y avait effectivement des dépendances réelles.

 

Les enfants vous paraissent-ils des sujets plus fragiles face à l'addiction aux jeux vidéo ?

 

Il n'existe pas d'enfant dépendant. Un enfant, ou un adolescent, n'est par définition pas maître de ses désirs, c'est pourquoi il a besoin d'adultes pour le guider. Si un jeune consomme trop de jeux vidéo, c'est qu'il y a une défaillance au niveau de son encadrement. Les enfants qui consultent ici, ont parfois des problèmes qu'ils fuient en se réfugiant dans les jeux vidéo, mais pour les familles, il est parfois plus réconfortant de se dire que les problèmes sont causés par ces jeux plutôt que de chercher les causes ailleurs.

 

Avez-vous déjà rencontré des cas de comportements violents spécifiquement induits par le jeu vidéo chez les mineurs ?

 

Très peu. L'autre grand champ polémique est celui de la violence, or je n'ai jamais lu d'étude crédible sur le lien entre la pratique du jeu vidéo et un quelconque comportement violent. Il y a bien eu des travaux qui ont mesuré l'excitation, l'énervement et la nervosité pendant et à la fin des séances de jeu. Tout cela est sujet à caution car l'on obtient les mêmes résultats avec n'importe quel jeu de cour de récréation.
Notre pratique clinique tend même à démontrer le contraire. Ceux qui s'immergent le plus dans le jeu sont généralement des enfants effrayés par la violence du monde extérieur. A ce titre, on peut remarquer que les personnes dépendantes aux jeux vidéo ont des comportements très différents de ceux des victimes d'addictions classiques. Ce ne sont pas des grands transgresseurs, ni des preneurs de risque majeur, et très rarement des marginaux. Il s'agit plus souvent de fils de bonne famille (les garçons sont beaucoup plus nombreux que les filles ndlr) plutôt bons en classe, qui se sont réfugiés dans les jeux en ligne après le Baccalauréat, quand les études sont devenues trop compliquées. Ce sont des jeunes qui ne sont pas assez agressifs, très cérébraux, très intellos. En fait s'il fallait vraiment accuser le jeu vidéo de quoi que ce soit, ce serait de trop éponger et canaliser la violence. C'est un média qui remplit trop bien sa fonction cathartique.

 

Les parents doivent-ils plus s'intéresser aux jeux vidéo ?

 

La réponse est compliquée. Oui parce qu'une fracture générationnelle est toujours dangereuse. Il n'est pas bon que des gamins de 8 ou 12 ans soient les seuls prescripteurs en matière d'achat de jeu vidéo, même si c'est bien commode pour les publicitaires et les éditeurs. Il est bon que les parents aient une réflexion sur la place du jeu vidéo comme composante culturelle de la vie de leurs enfants. Pour autant, il ne faudrait pas qu'ils cherchent à tout prix à tout connaître. Le succès des jeux vidéo est aussi basé sur le fait que les jeunes y trouvent un espace où ils ont une meilleure expertise que leurs parents.

 

S'il fallait donner une raison à la mauvaise presse qu'a parfois le jeu vidéo, quelle serait-elle à votre avis ?

 

A la fin du 19ème siècle, on parlait beaucoup de la « Dromomanie », une maladie qui se caractérise par une impulsion irrésistible à voyager et à changer d'identité. C'était une époque marquée par l'ambivalence vis à vis de nouveaux moyens de locomotion, chemin de fer en tête, qui changeaient la face du monde, et qui soulevaient à la fois l'espoir de découvrir le monde, et la grande peur du déracinement. A l'image du chemin de fer, les jeux en réseau constituent un emblème d'une véritable révolution culturelle. Nous sommes dans une époque que l'on peut comparer à celle de l'invention de l'imprimerie. Le monde change, et à chaque fois que le monde change, les vieux ont peur de voir leur monde disparaître tandis que les jeunes s'enthousiasment d'être les pionniers d'un monde nouveau. Internet et les jeux vidéo cristallisent toute l'ambivalence de de ce monde en mutation.

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