Posté le 18/05/2012 à 17:26
Pour votre gouverne, sachez que l’idée de cette chronique m’est venue au moment du dessert, dans un restaurant très chic à Rome. Classe, non ? Je sais que ça n’a aucun rapport avec le sujet, mais je tiens à soigner mon image de jet-setter.
Ces dernières semaines, les glorieux débats au sujet des dangers liés aux jeux vidéo ont eu droit à une bien belle tribune médiatique. Grâce à Laure Manaudou, notamment, qui s’est fendue d’un tweet transpirant l’intelligence à la suite des fusillades de Toulouse. Mais aussi grâce à Jacques Cheminade, qui a affirmé que « les meurtres de masse sont associés très souvent à des jeux vidéo violents. » Une phrase si poignante que j’en ai appelé à voter pour lui de tout mon être aux présidentielles… Bon allez, j’arrête avec l’ironie. Parce que même si les propos de Manaudou ou de Cheminade nous font plus marrer qu’autre chose, ils sont partagés par un grand nombre de personnes. Cette idée sournoise, comme quoi les jeux modernes seraient responsables des meurtres, des attentats et des guerres, j’ai même l’impression qu’elle commence à s’ancrer profondément dans l’inconscient collectif.
Au cœur des polémiques, on trouve les jeux photoréalistes. Même si je peux concevoir qu’un kill soit plus choquant dans Battefield 3 que dans Quake, j’ai quand même du mal à visualiser la dangerosité des FPS contemporains. J’ai lu quelque part que des titres tels que Medal of Honor pouvaient permettre à des terroristes de s’entraîner. Sérieusement ? Du coup, j’imagine que les chauffards répètent leur gamme sur Need for Speed ? Et que les footeux s’échauffent en jouant à FIFA ? Entre photoréalisme et réalisme tout court, il n’y a pas que cinq lettres, il y a aussi un gouffre colossal que même la série ArmA n’est pas prête de franchir. J’ai aussi pris connaissance d’une théorie selon laquelle un jeu violent pouvait servir de « déclencheur » dans l’esprit d’un psychopathe n’étant pas encore passé à l’acte. Une thèse à laquelle je ne souscris pas du tout. Au contraire, je crois davantage aux vertus cathartiques des jeux vidéo. Je les considère comme des exutoires interactifs dans lesquels on peut décharger toutes ses rancœurs et ses frustrations du moment. L’écrivain Tim Parks a écrit que « le stade de foot était le dernier lieu où l’on pouvait se lever et hurler des insanités ». Pourquoi le jeu vidéo ne serait-il pas la prolongation cybernétique du stade ? Un lieu où l’on pourrait être violent, odieux, infect, sans que cela ait la moindre répercussion sur sa vie de tous les jours ? Moi, j’y crois.

L’expression que l’on entend partout, c’est la « banalisation de la violence ». En gros, ce qu’il faut comprendre, c’est que les jeux rendraient le meurtre si familier qu’on ne distinguerait plus le bien du mal. Encore une fois, j’ai envie de prendre le contre-pied. Lorsqu’un titre « banalise » la violence, il lui donne aussi un côté inconséquent. En fait, plus une œuvre multiplie les séquences sanglantes et barbares, moins elle choque. À titre personnel, je trouve les tueries d’un Halloween de John Carpenter beaucoup moins éprouvantes que le meurtre à l’extincteur d’Irréversible, par exemple. Et c’est justement parce que cet acte-là est unique. Il n’est pas « banal ». Ce n’est donc pas bouleversant de voir une succession de frags dans un mode Deathmatch quelconque, puisqu’il ne s’agit que de la routine bête et méchante. On sait pertinemment que le type qu’on vient de buter n’est qu’un avatar qui va respawner dans les secondes qui suivent. Et ce sentiment-là, quel que soit le degré de photoréalisme que le jeu vidéo atteindra dans le futur, je suis certain qu’il ne changera jamais.
Un bon petit billet avec une jolie image d'illustration monsieur le globe trotter ^^
Les études psycho sociale n'ont jammais prouvé d'effet catartique aux jeux vidéos... MAis n'en ont pas trouvé non plus pour le sport.(Pire, les sportifs seraient plus "violent que la moyenne", mais je m'égarre!)
Je partage néanmoins cete croyance avec toi.
Concernant ton dernier paragraphe, le coup de l'extincteur dans irréversible m'a tout autant choquer que celle du viol! PAr contre, quand je vois la violence d'un films ricain où y'a pas une goutte de sang malggré les coups, ça me géne aussi beaucoup... Et c'est ce genre de film qui, d'après moi, banalise la violence.
Maintenant, le chemin est long avant un changement de mentalité général.
Pour aller plus loins dans le débat jeux vidéo et violence deux je vous propose d'aller voir les liens ci dessous:
http://www.jvn.com/billet/dossier-jeux-video-et-violence#comments
http://www.jvn.com/billet/100e-billet-2#comments
Petite image en cadeau (même si j'ignore tout de sa véracité) :
https://twitter.com/#!/corentin_lamy/media/slideshow?url=pic.twitter.com%2F7iwMpkv4
Chose assez perturbante, je lis toujours klibertin plutôt que kbitterlin, je pense qu'il serait donc judicieux de passer par la mairie pour changer de nom car je ne pense pas être le seul à subir cette illusion optique !
KLIBERTIN !!!
Ok, je garde !
Moi, dans ce genre de polémiques, ce qui m'aura fait le plus marrer, c'est celle par rapport au responsable du massacre en Norvège. Selon certaines "sources", il se serait entrainé sur WOW. Mais bien sûr!
Non, il s'est camouflé en jouant à WoW pour se planquer derrière son image de "jeu de no life" et s'est entraîné sur Call of Duty. Dans les deux cas, il a utilisé le jeu dans un dessein précis qui serivrait son projet. Ce qui invalide évidemment toute influence du jeu, puisque tout était prémédité, y compris l'utilisation des jeux.
Revenons-en à présent au sujet qui nous intéresse ici, la polémique actuelle liée à la violence.
Premièrement, le photoréalisme, par définition, c'est le réalisme du visuel. Le jeu le plus photoréaliste que j'ai vu à ce jour, c'est Heavy Rain. Et en matière de violence visuelle, on repassera (par contre, côté psychologique, ambiance, là, c'est déjà plus flagrant).
Deuxièmement, le problème actuel est tout simplement la course à la violence, la surenchère inutile. On tombe dans les vieux clichés dignes des films de séries Z, à savoir que sexe et violence font vendre, et tant pis pour le reste. Et c'est bien là le souci, inutile de revenir sur le lien avec la violence réelle, on en a assez parlé et reparlé.
La question est donc : doit-on absolument miser sur la violence pour faire parler d'un jeu ?
Bon sang, était-il vraiment nécessaire qu'un trailer de gameplay de Dishonored nous balance une série de meurtres, d'égorgements et de giclées de sang, alors que le jeu est principalement un jeu d'infiltration où le "aucun mort hors des cibles principales" est possible ? C'est vraiment ce qu'on attend de voir alors qu'il y avait autre chose à vanter ? Heureusement que les articles écrits ont parlé d'autre chose, eux... Moi, ça me désole, en tout cas.
Nous sommes arrivés à un stade technique où l'on peut tout représenter avec un certain réalisme. Pourquoi mettre ça au service d'une surenchère dans la violence ? Pourquoi détruire des franchises à grands renforts de morts inutiles et d'actions spectaculaires (coucou, Splinter Cell et Hitman) ?
On sait que Call of Duty est numéro 1 des ventes à chaque épisode (excusez-moi, je vais vomir à cette évocation... Bon, ça va mieux). Est-ce que ça veut dire qu'on doit se calquer sur son modèle et laisser les jeux plus ambitieux (traduction chez les "gamers" > les jeux gamins) chez Nintendo (qui sera traduit, lui, par "société de jeux pour gamins") ? Remarquez, on sait où sauront les gens de bon goût, là...
J'aime les jeux d'action, violents ou non, mais ça ne doit pas devenir une norme, et la violence ne doit pas devenir l'enjeu principal. Que deviendraient des jeux comme ceux de Fumito Ueda dans ce cas ?
Si demain, Michel Ancel nous sort son Beyond Good & Evil 2 (par exemple, hein, on peut en citer d'autres) et que ça se met à tirer et gicler dans tous les sens, mais c'est pas la peine d'en parler, quoi. Ce ne sera pas Beyond Good & Evil, juste un jeu d'action foiré de plus qui mettra l'action sur sa violence.
La violence dans le jeu vidéo, c'est comme les effets spéciaux au ciné.
Tant que ça sert l'histoire et que ça n'en fait pas trop, ça va. Dès que ça devient l'argument principal, on peut oublier toute idée intéressante...
Il n'y a aucune raison pour que le jeu vidéo tombe dans le syndrome Saw et se contente de repousser les limites de la violence à mesure qu'il évolue (et si ça rrive, il régressera, plutôt) alors qu'il y a tellement d'autres choses à faire.
Alors, oui, qu'on continue de faire des jeux d'action violents, mais non, pas question de ne se baser que là-dessus pour les créer et/ou les vendre. Parce qu'au final, on se retrouvera avec une production uniformisée et de plus en plus basse en qualité, avec cette course inutile...
Il est temps que ça cesse et que le jeu vidéo montre une certaine maturité dans tous les domaines, non ?
Sinon, ne nous étonnons pas qu'on soit la cible de clichés en vrac, on l'aura juste cherché.
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Aloryane
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Le probleme est toujours le même, ceux qui font ces fameuses déclarations pilonnants les jeux vidéo n'y connaissent strictement rien
qu'elle est la crédibilité d'une manaudou ou d'un cheminade ?
je ne comprends même pas comment des médias dit sérieux puissent faire état de telles déclarations.
et puis en admettant juste une seconde ( j'ai dit une hein ) que les JV auraient une responsabilité dans les meurtres et autres joyeusetés, ça voudrait dire que les carnages seraient apparus en même temps que les jeux vidéo ?
ah ben non, on me souffle dans l'oreillette qu'on sécharpait déjà allègrement depuis longtemps !
bizarre non ?
je crois moi que c'est juste devenu un systeme de défense pour des accusés afin de justifier leurs crimes.
- pas ma faute, m'sieur le juge, je joue 6 heures par jour un gros tauren à wow !
wow qui d'ailleurs à été cité lors du procès breivik ( sérieux.......)